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Le bitcoin a encaissé coup sur coup cette année, tandis que les portefeuilles des investisseurs en actions n’ont cessé de grimper. On entend souvent dire que le bitcoin a besoin du même climat que les actions pour bien performer, mais alors comment expliquer un tel écart de performance cette année ? Nous avons cherché à comprendre.
Le bitcoin affiche actuellement une baisse de plus de 25 % depuis le début de l’année 2026, tandis que le S&P 500 a gagné près de 10 % et le Nasdaq100 même près de 16 %.
Le bitcoin (orange) performe cette année bien moins bien que le S&P500 (bleu) et le Nasdaq100 (vert)
Le bitcoin suit son cycle de quatre ans
Le bitcoin a pour habitude de répéter l’histoire, et cette mauvaise année n’échappe pas à la règle. La monnaie continue de suivre fidèlement son cycle de quatre ans, avec le halving en son centre.
Tous les quatre ans, la récompense des mineurs est réduite de moitié, ce qui divise également par deux l’arrivée de nouveaux jetons sur le marché. Cette rareté accrue a chaque fois marqué le coup d’envoi d’un nouveau marché haussier (bull market), une phase de hausse prolongée.
Un tel marché haussier a toujours duré environ trois ans et a été suivi d’un marché baissier (bear market), une phase de baisse prolongée, d’environ un an. Le sommet d’octobre dernier est tombé exactement là où ce schéma le laissait attendre.
L’évolution des prix depuis lors présente des ressemblances troublantes avec les précédents marchés baissiers. Si l’histoire continue de se répéter, le point bas devrait survenir aux alentours d’octobre.
Le seul point positif est que la baisse reste, cette fois-ci, relativement modérée. Le bitcoin a perdu un peu plus de la moitié de sa valeur, alors que lors des précédents marchés baissiers, il avait toujours déjà perdu plus de 70 % à ce stade.
Les années de mi-mandat, celles des élections de mi-mandat américaines, sont généralement aussi des années faibles pour Wall Street. Mais ce n’est manifestement pas le cas cette année.
L’IA tire la bourse vers le haut
La deuxième raison est le train de l’IA, qui continue de foncer à toute allure. Les plus grandes entreprises du cloud vont dépenser ensemble, selon les estimations, 754 milliards de dollars en investissements cette année, soit 83 % de plus qu’en 2025, calcule Goldman Sachs Research.
Même la guerre en Iran n’y a rien changé. Wall Street regarde au-delà, car les commandes continuent d’affluer.
Ce qui est remarquable ne tient donc pas à l’ampleur de ces investissements, mais à leur persistance. Les analystes sous-estiment ce budget depuis trois années consécutives. Chaque fois que le pic semblait proche, le budget repartait à la hausse.
Cet argent ne quitte pas la bourse. Il circule d’un géant boursier à l’autre, car les puces, les serveurs et les centres de données proviennent d’entreprises qui figurent elles-mêmes dans le même indice.
Et cela ne se limite plus du tout au secteur technologique. Tous ces centres de données nécessitent de l’acier, du refroidissement et surtout de l’électricité, ce qui remplit aussi les carnets de commandes des fournisseurs et des entreprises énergétiques.
Ainsi, environ la moitié de la croissance des bénéfices du S&P 500 provient cette année de l’IA.
Une hausse des taux qui pèse plus lourd
La troisième raison se situe sur le marché obligataire, qui a complètement changé de trajectoire cette année. Début janvier, le marché tablait encore sur des baisses de taux de la banque centrale américaine (Federal Reserve), mais la guerre en Iran est venue tout chambouler.
Le taux directeur reste inchangé depuis décembre, entre 3,50 et 3,75 %, et le marché anticipe désormais au moins une hausse cette année. L’inflation était montée à 4,2 % en mai, avant de retomber mardi à 3,5 %, mais le pétrole entame une nouvelle remontée.
Wall Street s’en soucie peu. Meta a levé 30 milliards de dollars en octobre, Alphabet environ 56 milliards depuis novembre, et Amazon encore 24,9 milliards ce mois-ci.
Cela représente plus de 125 milliards de dollars de dette levée pour financer des centres de données, sur un marché qui intègre pourtant des hausses de taux dans ses prix. Les investissements dans l’IA se poursuivent donc, quoi qu’il arrive aux taux d’intérêt.
Le bitcoin, lui, ne profite évidemment pas de cette dynamique, et se situe en plus un cran plus haut sur l’échelle du risque. Il réagit donc plus sensiblement aux variations de taux. Plus une obligation d’État sans risque rapporte, moins les acheteurs ont de raisons de franchir ce cran supplémentaire.
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