Photo: Shutterstock.com/Frederic Legrand – COMEO
Il y a exactement sept ans, Facebook avait semé la consternation dans le monde financier. L’entreprise de Mark Zuckerberg avait présenté sa propre cryptomonnaie, destinée à être utilisée par des milliards de personnes, naturellement intégrée à META.
L’ambition était colossale. Facebook voulait rendre l’envoi d’argent aussi simple qu’envoyer un message via WhatsApp. Certains analystes voyaient même en Libra un concurrent potentiel du Bitcoin et des banques traditionnelles.
La suite fut tout autre. Le projet ne fut jamais lancé, des partenaires majeurs se retirèrent, et Facebook se retrouva avec une facture de plusieurs centaines de millions de dollars. Mais à quoi aurait ressemblé la crypto si Libra avait réussi ?
Une cryptomonnaie pour 2,4 milliards d’utilisateurs
Le 18 juin 2019, Facebook annonçait officiellement Libra.
La monnaie devait devenir un véritable moyen de paiement mondial, intégré à Facebook et WhatsApp, offrant ainsi au projet un accès direct à plus de 2 milliards d’utilisateurs.
Contrairement au Bitcoin, Libra ne devait pas être une cryptomonnaie volatile, mais un stablecoin adossé à des dollars, des euros et des obligations d’État.
Facebook promettait que les personnes du monde entier pourraient envoyer de l’argent à faible coût, même sans compte bancaire.
De grands noms se rallient immédiatement
Le projet reçut d’emblée le soutien de certaines des plus grandes entreprises mondiales.
Visa, Mastercard, PayPal, Stripe, Uber, Lyft, Spotify et eBay rejoignirent la Libra Association, un consortium chargé de gérer le réseau.
Pour éviter que Facebook ne concentre tout le pouvoir, le projet fut confié à une organisation indépendante en Suisse. Sur le papier, Facebook ne disposait que d’une seule voix, ce qui n’impressionna guère les régulateurs.
Les gouvernements paniquent
Presque immédiatement après l’annonce, une opposition mondiale se fit sentir.
Politiciens, banques centrales et régulateurs voyaient se dessiner un scénario dans lequel une entreprise privée, forte de milliards d’utilisateurs, créerait sa propre monnaie mondiale.
À Washington notamment, les alarmes retentirent.
Le projet était perçu comme une menace pour le système financier existant et pour le contrôle des banques centrales sur la monnaie et la politique monétaire.
Un autre problème vint s’y ajouter : Facebook se trouvait alors en pleine tourmente après le scandale Cambridge Analytica. De nombreux politiciens avaient du mal à accepter que cette même entreprise gère potentiellement les données de paiement de milliards de personnes.
Mark Zuckerberg fut convoqué devant le Congrès américain et dut longuement s’expliquer sur le projet.
Le début de la fin
Sous la pression politique croissante et face à un livre blanc décevant, les partenaires majeurs commencèrent à se retirer.
PayPal fut le premier à partir, bientôt suivi par Visa, Mastercard, Stripe, eBay et Vodafone.
Libra perdit ainsi une grande partie de sa crédibilité en l’espace de quelques semaines.
Facebook tenta de sauver le projet avec un changement de nom complet : Libra devint Diem, et le portefeuille Calibra fut rebaptisé Novi.
Les ambitions furent également revues à la baisse : au lieu d’une monnaie mondiale, Diem se concentrerait désormais principalement sur un dollar numérique.
Mais même cela ne suffit pas.
Des centaines de millions partis en fumée
Début 2022, il devint définitivement clair que le projet n’avait plus d’avenir.
La banque centrale américaine continuait de s’y opposer, et sans son aval, Diem ne pouvait jamais être lancé.
En janvier 2022, l’organisation derrière le projet coupa définitivement les ponts.
La technologie développée fut finalement vendue à la banque crypto Silvergate pour seulement 182 millions de dollars — une somme qui ne couvrait qu’une fraction des coûts engagés par Facebook et ses partenaires. Les analystes estiment que Meta avait dépensé des centaines de millions de dollars en développeurs, juristes, lobbyistes et infrastructures au cours des années précédentes.
L’ironie fut complète un an plus tard, lorsque Silvergate fit elle-même faillite.
L’un des plus grands fiascos crypto de tous les temps
Rétrospectivement, Libra est l’un des échecs les plus marquants de l’histoire du secteur crypto.
Non pas parce que la technologie ne fonctionnait pas ou parce qu’il n’y avait pas d’utilisateurs — Facebook disposait de milliards de clients potentiels et du soutien de certaines des plus grandes sociétés de paiement au monde.
Ce qui fut finalement fatal au projet, c’est autre chose : la confiance.
Facebook découvrit qu’avec des milliards de dollars on peut construire beaucoup de choses, mais que les gouvernements ne laisseront pas facilement une entreprise technologique créer sa propre monnaie mondiale.
Sept ans plus tard, Libra n’existe plus. Le Bitcoin, lui, si.
Bitcoin à l’honneur : recevez 10 € de crypto offerts
Plus de 2 millions d’utilisateurs font déjà confiance à Bitvavo pour acheter et vendre du bitcoin et d’autres cryptomonnaies. Envie de découvrir pourquoi ?
Bitvavo offre actuellement 10 € de crypto au choix aux nouveaux utilisateurs pour démarrer simplement. Pas de piège, juste l’occasion parfaite pour se lancer.
Inscrivez-vous aujourd’hui et recevez immédiatement 10 € de crypto au choix.
L’ouverture de compte est gratuite et se fait en moins d’une minute.